<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" version="2.0" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:googleplay="http://www.google.com/schemas/play-podcasts/1.0"><channel><title><![CDATA[L'Envers de l'Histoire]]></title><description><![CDATA[Chaque grande histoire mérite mieux qu'un résumé. L'Envers de l'Histoire décortique les livres, les films et les séries qui valent la peine qu'on s'y attarde, lentement, soigneusement, un morceau à la fois.]]></description><link>https://blog.envershistoire.com</link><image><url>https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!bxT-!,w_256,c_limit,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2F49b39d91-ea79-456c-8d12-4805b2e226fe_937x937.png</url><title>L&apos;Envers de l&apos;Histoire</title><link>https://blog.envershistoire.com</link></image><generator>Substack</generator><lastBuildDate>Sun, 03 May 2026 20:37:06 GMT</lastBuildDate><atom:link href="https://blog.envershistoire.com/feed" rel="self" type="application/rss+xml"/><copyright><![CDATA[Yvan Blanchette]]></copyright><language><![CDATA[fr]]></language><webMaster><![CDATA[enversdehistoire@substack.com]]></webMaster><itunes:owner><itunes:email><![CDATA[enversdehistoire@substack.com]]></itunes:email><itunes:name><![CDATA[Yvan Blanchette]]></itunes:name></itunes:owner><itunes:author><![CDATA[Yvan Blanchette]]></itunes:author><googleplay:owner><![CDATA[enversdehistoire@substack.com]]></googleplay:owner><googleplay:email><![CDATA[enversdehistoire@substack.com]]></googleplay:email><googleplay:author><![CDATA[Yvan Blanchette]]></googleplay:author><itunes:block><![CDATA[Yes]]></itunes:block><item><title><![CDATA[Seul sur Mars | Transmission 02: Survivre sur Mars avec des maths et des pommes de terre]]></title><description><![CDATA[Andy Weir | Seul sur Mars| L'Envers de l'Histoire | &#201;pisode 02]]></description><link>https://blog.envershistoire.com/p/seul-sur-mars-transmission-02-survivre</link><guid isPermaLink="false">https://blog.envershistoire.com/p/seul-sur-mars-transmission-02-survivre</guid><dc:creator><![CDATA[Yvan Blanchette]]></dc:creator><pubDate>Sun, 03 May 2026 20:29:16 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/196348494/328630aa65d8ab5a93dc9a4d34d87010.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<p>La toute derni&#232;re comp&#233;tence qu&#8217;on souhaiterait avoir si on se retrouvait coinc&#233; seul sur Mars ? La botanique. Et pourtant, c&#8217;est exactement ce qui va sauver Mark Watney.</p><p>Dans cet &#233;pisode, on d&#233;cortique les chapitres 3 &#224; 6 de Seul sur Mars d&#8217;Andy Weir, du Sol 29 au Sol 61. Comment transforme-t-on du sable mort en terre nourrici&#232;re ? Pourquoi l&#8217;hydrazine, le carburant de fus&#233;e le plus dangereux qui soit, devient-elle la cl&#233; de la survie ? Et comment un astronaute peut-il transformer son propre habitat en bombe thermobarique par accident, tout en continuant &#224; faire des blagues ?</p><p>On explore la p&#233;dagogie furtive de Weir, qui nous enseigne la stoichiom&#233;trie, la thermodynamique et la chimie des catalyseurs sans qu&#8217;on s&#8217;en aper&#231;oive, le tout cach&#233; dans un thriller de survie haletant. On parle aussi de l&#8217;humour comme bouclier psychologique, de la normalisation de l&#8217;impossible, et de ce paradoxe vertigineux : ma&#238;triser absolument la mati&#232;re tout en &#233;tant priv&#233; du son d&#8217;une seule voix humaine.</p><p>Spoilers int&#233;graux. Bonne &#233;coute.</p><p><em>L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire. Parce que chaque grande histoire m&#233;rite mieux qu&#8217;un simple r&#233;sum&#233;.</em></p><p></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://blog.envershistoire.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en-gb&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption"><em>Merci d&#8217;&#233;couter L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire. Pour ne manquer aucune analyse, abonnez-vous gratuitement et restez &#224; l&#8217;&#233;coute du signal.</em></p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Type your email&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="Subscribe"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Seul sur Mars | Transmission 01: Je suis foutu]]></title><description><![CDATA[Andy Weir | Seul sur Mars| L'Envers de l'Histoire | &#201;pisode 01]]></description><link>https://blog.envershistoire.com/p/seul-sur-mars-transmission-01-je</link><guid isPermaLink="false">https://blog.envershistoire.com/p/seul-sur-mars-transmission-01-je</guid><dc:creator><![CDATA[Yvan Blanchette]]></dc:creator><pubDate>Sun, 03 May 2026 06:23:47 GMT</pubDate><enclosure url="https://api.substack.com/feed/podcast/196286324/2ccccaf77e29d6ed1c3625a1d17f5bf9.mp3" length="0" type="audio/mpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="pullquote"><p>SPOILERS COMPLETS. VOUS &#202;TES PR&#201;VENUS.</p></div><p>Imaginez &#234;tre le dernier &#234;tre humain sur une plan&#232;te enti&#232;re.</p><p>Une plan&#232;te hostile. Vos syst&#232;mes de communication sont morts. Vous saignez abondamment dans votre combinaison parce qu&#8217;une tige de m&#233;tal vient de vous transpercer. Et vous savez avec une certitude absolue que la prochaine mission de secours ne viendra pas avant quatre ans.</p><p>C&#8217;est comme &#231;a que commence Seul sur Mars. Et en quatre mots, tout est dit.</p><div><hr></div><h2>Ce Qu&#8217;On a D&#233;cortiqu&#233;</h2><p><strong>L&#8217;audace narrative de &#8220;Je suis foutu.&#8221;</strong> Pas de grand prologue classique de la science-fiction. Pas de cours d&#8217;histoire sur le programme AR&#200;S. Pas de m&#233;canique orbitale pour faire savant. En quatre mots, la voix de Mark Watney est pos&#233;e, les enjeux mortels sont d&#233;finis, et le ton est verrouill&#233;. On est directement plong&#233; dans la t&#234;te d&#8217;un homme qui vient intellectuellement d&#8217;accepter l&#8217;imminence de sa propre mort. Et il le fait sans aucun filtre. Ce qui fascine davantage encore, c&#8217;est le contexte de cette d&#233;claration. Watney &#233;crit dans un journal de bord, physiquement dans le vide absolu, en avouant lui-m&#234;me qu&#8217;il ne sait pas si quelqu&#8217;un lira &#231;a un jour. Il dit &#8220;peut-&#234;tre dans 100 ans, s&#8217;il a de la chance.&#8221; Il documente sa propre fin pour des arch&#233;ologues du futur qui n&#8217;existent m&#234;me pas encore. C&#8217;est comme laisser un message vocal dramatique sur un t&#233;l&#233;phone d&#233;connect&#233; depuis dix ans.</p><p>Mais pourquoi faire cet effort au lieu de s&#8217;allonger, fermer les yeux et attendre la fin ? C&#8217;est un paradoxe fondamental de la psychologie humaine. Le fait de documenter, de s&#8217;adresser &#224; un lecteur hypoth&#233;tique, ce n&#8217;est pas juste une astuce d&#8217;auteur pour raconter l&#8217;histoire. C&#8217;est un m&#233;canisme de survie. Weir nous force, nous lecteurs, &#224; devenir ces arch&#233;ologues du futur. &#199;a cr&#233;e une intimit&#233; presque voyeuriste avec l&#8217;&#234;tre humain le plus isol&#233; de toute l&#8217;histoire de notre esp&#232;ce. Sans ce lecteur imaginaire, la panique pure prendrait le dessus. Le journal l&#8217;oblige &#224; structurer sa pens&#233;e, il agit comme une ancre. Il &#233;crit &#8220;je suis foutu&#8221;, mais le simple fait de s&#8217;asseoir, de formuler des pens&#233;es, de prendre la peine d&#8217;expliquer comment marchent les g&#233;n&#233;rateurs &#224; isotopes &#8220;pour le profane qui pourrait lire ceci&#8221;, c&#8217;est l&#8217;acte d&#8217;un homme qui refuse que son existence s&#8217;efface dans le vide sans laisser de trace. Avant m&#234;me de rationner son eau ou sa nourriture, Watney rationne ses mots pour ordonner son esprit.</p><p><strong>La physique de la temp&#234;te et l&#8217;ironie cosmique.</strong> L&#8217;incident du Sol 6 soul&#232;ve une vraie question scientifique : des vents &#224; 175 kilom&#232;tres par heure sur Mars ont-ils vraiment la force de renverser une fus&#233;e de plusieurs dizaines de tonnes ? Andy Weir lui-m&#234;me a admis que c&#8217;&#233;tait sa plus grande concession &#224; la fiction. La pression atmosph&#233;rique martienne est &#224; environ 1% de la n&#244;tre, donc un vent &#224; 175 km/h sur Mars se ressent comme une brise de 20 km/h ici sur Terre. Ce qui ne renverse pas l&#8217;humain. Mais le VAM, le v&#233;hicule d&#8217;ascension martien, est un cylindre immense qui agit comme une voile. Ce vent transporte des millions de particules de sable &#224; tr&#232;s haute vitesse, cr&#233;ant une pression lat&#233;rale constante sur les stabilisateurs de la fus&#233;e. Pas un choc brutal, mais l&#8217;usure continue. L&#8217;accumulation de cette force sur un objet de grande taille d&#233;j&#224; en &#233;quilibre pr&#233;caire. La fus&#233;e commence &#224; s&#8217;incliner degr&#233; par degr&#233;.</p><p>Et c&#8217;est dans ce chaos que l&#8217;antenne de communication principale est arrach&#233;e et vient litt&#233;ralement embrocher Watney, d&#233;truisant au passage son biomoniteur. Ce qui m&#232;ne &#224; un ph&#233;nom&#232;ne biologique hallucinant : son sang sort de la plaie et s&#8217;&#233;vapore &#224; cause de la basse pression martienne pour former une esp&#232;ce de bouchon naturel. Sur Mars, la pression atmosph&#233;rique est si faible que le point d&#8217;&#233;bullition des liquides chute de fa&#231;on dramatique. &#192; 37 degr&#233;s, l&#8217;eau liquide bout instantan&#233;ment. L&#8217;eau de son sang se vaporise au contact de l&#8217;atmosph&#232;re martienne, et ce qui reste autour de la plaie, une boue &#233;paisse de prot&#233;ines et de globules, g&#232;le quasi imm&#233;diatement dans le froid glacial, formant un caillot organique qui colmate la combinaison. La physique impitoyable du vide spatial essaie de le tuer avec une antenne, mais c&#8217;est cette m&#234;me physique qui lui sauve la vie. L&#8217;ironie est totale.</p><p><strong>La d&#233;cision de Louise et les limites de la logique pure.</strong> Le commandant Louise fait face &#224; une &#233;quation impitoyable. D&#8217;un c&#244;t&#233;, le biomoniteur de Watney vient d&#8217;&#234;tre d&#233;truit, elle voit une d&#233;pressurisation totale &#224; z&#233;ro atmosph&#232;re et un &#233;lectrocardiogramme plat. Pour elle, il est m&#233;dicalement mort. De l&#8217;autre c&#244;t&#233;, le VAM vient de d&#233;passer son angle d&#8217;inclination critique. Si elle attend dix minutes de plus pour chercher un corps dans une temp&#234;te aveuglante, la fus&#233;e bascule et ne peut plus d&#233;coller. Ce sont alors les cinq autres astronautes qui meurent sur Mars. On a tous en t&#234;te l&#8217;image du capitaine courageux qui refuse de laisser quelqu&#8217;un derri&#232;re. &#201;motionnellement, on veut qu&#8217;elle reste le chercher. Mais dans la r&#233;alit&#233; du commandement spatial, c&#8217;est la d&#233;cision d&#8217;un m&#233;decin urgentiste lors d&#8217;une panne de courant dans un h&#244;pital : un seul respirateur sur batterie, un patient dont le c&#339;ur ne bat plus et cinq patients qui survivront si on les branche imm&#233;diatement. M&#233;dicalement, le choix est &#233;vident. Ce qui brise le c&#339;ur, c&#8217;est de savoir, puisqu&#8217;on conna&#238;t la fin du livre, que Louise et tout son &#233;quipage vont finir par se mutiner contre la NASA des mois plus tard pour revenir le chercher au p&#233;ril de leur propre vie. La perfection d&#8217;une d&#233;cision math&#233;matique ne te prot&#232;ge pas contre les cauchemars. Le poids moral qu&#8217;elle va porter est insoutenable. Et c&#8217;est &#231;a qui d&#233;finit vraiment la trag&#233;die de ce livre : il n&#8217;y a pas de m&#233;chant. Pas d&#8217;ordinateur fou. Pas de saboteur dans l&#8217;&#233;quipage. L&#8217;univers a simplement fait son truc. L&#8217;entropie a fait son &#339;uvre. Le vide spatial ne d&#233;teste pas Mark Watney. Il est juste compl&#232;tement indiff&#233;rent.</p><p><strong>Le compartimentage mental niveau olympique.</strong> Le lendemain de l&#8217;accident, Watney se r&#233;veille et ouvre des tableurs. Pas de crise de larmes, pas de moment d&#8217;effondrement, pas de longue contemplation de sa situation. Il &#233;l&#232;ve litt&#233;ralement un mur d&#8217;inventaire entre son cerveau et le vide de l&#8217;espace. C&#8217;est presque pathologique : imagine ta maison en flammes, la porte bloqu&#233;e de l&#8217;ext&#233;rieur, tu vas mourir et ta premi&#232;re r&#233;action c&#8217;est de t&#8217;asseoir &#224; ton bureau pour trier tes stylos par taille et par couleur. C&#8217;est du d&#233;ni, bien s&#251;r, mais c&#8217;est un d&#233;ni protecteur. Un esprit non scientifique serait probablement devenu fou au bout de deux jours.</p><p>Et il y a un d&#233;tail crucial dans cet inventaire fr&#233;n&#233;tique : le moment o&#249; il cherche la trousse m&#233;dicale et fait un calcul mental pour s&#8217;assurer d&#8217;avoir une dose l&#233;tale de morphine sous la main. Il se dit que si jamais il doit mourir de faim ou d&#8217;asphyxie, il choisira cette sortie de secours. C&#8217;est sombre pour un personnage qui fait des blagues toutes les deux pages. Mais c&#8217;est fondamental pour sa survie psychologique. En s&#233;curisant cette fiole, Watney reprend le contr&#244;le. L&#8217;univers a d&#233;cid&#233; de l&#8217;isoler et de le tuer. Mais Watney r&#233;pond en disant : c&#8217;est moi qui choisis l&#8217;heure et la m&#233;thode. Avoir la certitude de pouvoir contr&#244;ler sa propre mort &#233;limine la terreur de l&#8217;agonie. &#199;a lib&#232;re une quantit&#233; &#233;norme de ressources cognitives dans son cerveau, des ressources qu&#8217;il va pouvoir utiliser pour le fameux mantra du livre : travailler le probl&#232;me.</p><p><strong>La terreur par l&#8217;arithm&#233;tique.</strong> L&#8217;&#233;quipage devait rester 31 jours sur Mars. Ils &#233;taient six. La NASA avait envoy&#233; des rations pour tenir 56 jours pour six personnes. Une belle marge de s&#233;curit&#233;. Sauf que Watney est tout seul maintenant. Une r&#233;serve d&#8217;urgence de quelques semaines pour tout un &#233;quipage se transforme en environ 400 jours de nourriture pour un seul homme. Sur le coup, &#231;a ressemble &#224; un miracle. Sauf que le d&#233;nominateur de l&#8217;&#233;quation, c&#8217;est le temps d&#8217;attente jusqu&#8217;au secours. La prochaine mission AR&#200;S 4 n&#8217;atterrira pas avant quatre ans. En ajustant avec les jours martiens un peu plus longs, Watney fait le calcul brutal : il doit tenir 1425 jours. Avec 400 jours de nourriture. Le gouffre est immense. Il lui manque plus de mille jours de ration. Il doit g&#233;n&#233;rer &#224; partir de rien environ 1100 calories par jour sur une plan&#232;te st&#233;rile. C&#8217;est comme &#233;tirer le repas de No&#235;l de toute une famille pour se nourrir soi seul tous les jours pendant quatre ans. Physiquement impossible sur le papier.</p><p>Au lieu de dire &#8220;Watney a tellement faim&#8221;, Weir te donne les chiffres r&#233;els. La surface des tables du laboratoire. La taille des rovers. Les m&#232;tres carr&#233;s du sol de la tente. Le fameux chiffre ridicule de 126 m&#232;tres carr&#233;s cultivables. Narrativement, c&#8217;est bien plus angoissant qu&#8217;un monstre extraterrestre tapi dans l&#8217;ombre. Un monstre, tu peux lui &#233;chapper, tu peux esp&#233;rer qu&#8217;il tr&#233;buche. Mais tu ne peux pas ruser avec les lois de la thermodynamique. Les chiffres s&#8217;en foutent de ta peur. Ton corps a un m&#233;tabolisme de base, tu br&#251;les de l&#8217;&#233;nergie pour respirer, pour maintenir ta temp&#233;rature, pour bouger. Si tu ne manges pas assez, ton corps s&#8217;autocannibalise, les muscles d&#8217;abord, les organes ensuite. Weir te force &#224; faire le calcul avec lui. Tu ressens l&#8217;&#233;tau de la famine math&#233;matique se refermer. C&#8217;est implacable.</p><p>Mais le paradoxe de cette m&#233;thode, c&#8217;est qu&#8217;elle d&#233;truit toute forme de pens&#233;e magique. L&#8217;optimisme b&#233;at ne sert &#224; rien face &#224; un d&#233;ficit de calories. Le probl&#232;me math&#233;matique lui donne une feuille de route pr&#233;cise. L&#8217;angoisse n&#8217;est plus un nuage noir abstrait qui flotte au-dessus de sa t&#234;te. C&#8217;est devenu un probl&#232;me d&#8217;ing&#233;nierie m&#233;canique avec des param&#232;tres clairs. Il sait exactement combien d&#8217;eau il lui faut au centilitre pr&#232;s, combien de terre il manque. Le probl&#232;me est pos&#233;. Et convertir la peur existentielle en &#233;quation permet de d&#233;clencher l&#8217;action, m&#234;me si la solution semble impossible au d&#233;part.</p><div><hr></div><h2>La Question Qu&#8217;On a Laiss&#233; en Suspens</h2><p>Cette philosophie d&#233;passe compl&#232;tement le cadre de l&#8217;exploration spatiale.</p><p>On a tous des moments o&#249; on se sent &#233;cras&#233; par la vie, par une crise personnelle, un travail impossible, une anxi&#233;t&#233; qui d&#233;borde. Et on ne sait pas par o&#249; commencer.</p><p>La m&#233;thode Watney, c&#8217;est l&#8217;antidote &#224; &#231;a. On ne regarde pas l&#8217;&#233;norme montagne terrifiante. On regarde le prochain caillou sur le chemin. On fait l&#8217;inventaire. On r&#233;sout le probl&#232;me critique num&#233;ro un. Et apr&#232;s, on passe au suivant.</p><p>Si on pousse la logique de Watney jusqu&#8217;au bout, la survie de notre esp&#232;ce d&#233;pend parfois de notre capacit&#233; &#224; recycler nos propres excr&#233;ments tout en gardant un sens de l&#8217;humour assez noir pour rire face au vide spatial.</p><p>On est vraiment une esp&#232;ce tenace. Et indomptable.</p><div><hr></div><h2>Prochaine Transmission</h2><p>L&#8217;&#201;pisode 2 : Watney va concevoir le plan de survie le plus absurde et le plus d&#233;go&#251;tant de tout le livre. La fameuse agriculture martienne sous tente. Faire pousser des pommes de terre sur Mars. Et pour fertiliser ce sol toxique, il va devoir utiliser...</p><p>On se retrouve &#224; la prochaine transmission.</p><p><em>L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire | Seul sur Mars | Disponible partout o&#249; vous &#233;coutez vos podcasts.</em></p><p></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://blog.envershistoire.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en-gb&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption"><em>Merci d&#8217;&#233;couter L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire. Pour ne manquer aucune analyse, abonnez-vous gratuitement et restez &#224; l&#8217;&#233;coute du signal.</em></p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Type your email&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="Subscribe"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p></p><p></p>]]></content:encoded></item><item><title><![CDATA[Seul sur Mars n'est pas une Histoire de Survie]]></title><description><![CDATA[C&#8217;est un livre sur la raison pour laquelle les humains refusent de s&#8217;abandonner les uns les autres&#8230; et pourquoi cela n&#8217;a jamais &#233;t&#233; aussi essentiel.]]></description><link>https://blog.envershistoire.com/p/seul-sur-mars-nest-pas-une-histoire</link><guid isPermaLink="false">https://blog.envershistoire.com/p/seul-sur-mars-nest-pas-une-histoire</guid><dc:creator><![CDATA[Yvan Blanchette]]></dc:creator><pubDate>Sun, 03 May 2026 04:46:29 GMT</pubDate><enclosure url="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!P8It!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fb21ec31b-ef1a-4297-b993-6630f2d55c30_1536x1024.png" length="0" type="image/jpeg"/><content:encoded><![CDATA[<div class="captioned-image-container"><figure><a class="image-link image2 is-viewable-img" target="_blank" href="https://substackcdn.com/image/fetch/$s_!P8It!,f_auto,q_auto:good,fl_progressive:steep/https%3A%2F%2Fsubstack-post-media.s3.amazonaws.com%2Fpublic%2Fimages%2Fb21ec31b-ef1a-4297-b993-6630f2d55c30_1536x1024.png" data-component-name="Image2ToDOM"><div class="image2-inset"><picture><source type="image/webp" 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class="image-link-expand"><div class="pencraft pc-display-flex pc-gap-8 pc-reset"><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container restack-image"><svg role="img" width="20" height="20" viewBox="0 0 20 20" fill="none" stroke-width="1.5" stroke="var(--color-fg-primary)" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" xmlns="http://www.w3.org/2000/svg"><g><title></title><path d="M2.53001 7.81595C3.49179 4.73911 6.43281 2.5 9.91173 2.5C13.1684 2.5 15.9537 4.46214 17.0852 7.23684L17.6179 8.67647M17.6179 8.67647L18.5002 4.26471M17.6179 8.67647L13.6473 6.91176M17.4995 12.1841C16.5378 15.2609 13.5967 17.5 10.1178 17.5C6.86118 17.5 4.07589 15.5379 2.94432 12.7632L2.41165 11.3235M2.41165 11.3235L1.5293 15.7353M2.41165 11.3235L6.38224 13.0882"></path></g></svg></button><button tabindex="0" type="button" class="pencraft pc-reset pencraft icon-container view-image"><svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" width="20" height="20" viewBox="0 0 24 24" fill="none" stroke="currentColor" stroke-width="2" stroke-linecap="round" stroke-linejoin="round" class="lucide lucide-maximize2 lucide-maximize-2"><polyline points="15 3 21 3 21 9"></polyline><polyline points="9 21 3 21 3 15"></polyline><line x1="21" x2="14" y1="3" y2="10"></line><line x1="3" x2="10" y1="21" y2="14"></line></svg></button></div></div></div></a></figure></div><div class="pullquote"><p>SPOILERS COMPLETS. VOUS &#202;TES PR&#201;VENUS.</p></div><p><strong>Le roman de Andy Weir, Seul sur Mars, s&#8217;ouvre sur quatre mots: &#8220;Je suis foutu.&#8221;</strong></p><p>Pas de mise en contexte. Pas d&#8217;explication sur qui est Mark Watney, comment il s&#8217;est retrouv&#233; sur Mars, ou pourquoi on devrait s&#8217;en soucier. Juste un homme seul sur une plan&#232;te morte, qui &#233;crit dans le vide, s&#8217;adressant &#224; un lecteur futur dont il n&#8217;est pas certain qu&#8217;il existera jamais.</p><p>C&#8217;est l&#8217;une des grandes premi&#232;res lignes de la science-fiction contemporaine. Et elle vous dit tout sur le livre que vous tenez entre les mains.</p><p>&#127911; &#201;coutez les transmissions du balado L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire:</p><ul><li><p><a href="https://enversdehistoire.substack.com/p/seul-sur-mars-transmission-01-je">Transmission Un: Je suis foutu</a></p></li><li><p>Transmission Deux: Survivre sur Mars avec des maths et des pommes de terre</p></li><li><p>Transmission Trois: La Terre r&#233;alise que Mark Watney est vivant</p></li><li><p>Transmission Quatre: Comment survivre &#224; Mars a failli tuer Mark Watney</p></li><li><p>Transmission Cinq: Tout ce qui peut mal tourner</p></li><li><p>Transmission Six: La manoeuvre Rich Purnell</p></li><li><p>Transmission Sept: Le long chemin du retour</p></li><li><p>Transmission Huit: Vandaliser un vaisseau spatial &#224; trois milliards de dollars</p></li><li><p>Transmission Neuf: Six membres d&#8217;&#233;quipage sains et saufs &#224; bord</p></li><li><p>Transmission Dix: Le bilan complet</p></li></ul><div><hr></div><p><strong>La mauvaise &#233;tiquette</strong></p><p>La plupart des gens classent Seul sur Mars dans la cat&#233;gorie &#8220;histoire de survie.&#8221; C&#8217;est compr&#233;hensible. Un homme coinc&#233; seul sur Mars, qui fait pousser des pommes de terre dans ses propres d&#233;chets, qui transforme du carburant de fus&#233;e en eau potable, qui vit dans une structure qui pourrait se d&#233;chirer et le tuer &#224; tout moment. Les &#233;l&#233;ments de survie sont l&#224;, en surface.</p><p>Mais les histoires de survie parlent fondamentalement d&#8217;une personne contre le monde. Seul au monde. 127 heures. Into the Wild. Le drame vit dans l&#8217;isolement.</p><p>Seul sur Mars est autre chose. C&#8217;est une histoire sur ce qui se passe quand une esp&#232;ce enti&#232;re d&#233;cide qu&#8217;une seule personne vaut la peine d&#8217;&#234;tre sauv&#233;e.</p><p>Watney survit parce que la NASA consacre tout le poids de son institution &#224; le maintenir en vie. Il survit parce que la Chine offre sa sonde non habit&#233;e la plus pr&#233;cieuse sans rien demander en retour. Il survit parce qu&#8217;une analyste satellite nomm&#233;e Mindy Park, pas une h&#233;ro&#239;ne, pas un g&#233;nie, juste quelqu&#8217;un qui fait attention, remarque qu&#8217;un rover a boug&#233; et d&#233;croche le t&#233;l&#233;phone. Il survit parce que six personnes &#224; bord d&#8217;un vaisseau spatial ajoutent volontairement 533 jours &#224; une mission d&#233;j&#224; brutale et font demi-tour sans h&#233;siter.</p><p>La ligne la plus c&#233;l&#232;bre du livre n&#8217;est pas &#8220;Je suis foutu.&#8221; C&#8217;est celle vers la fin, apr&#232;s que Watney est de retour &#224; bord de l&#8217;Herm&#232;s, les c&#244;tes cass&#233;es, la vision floue, sentant, et c&#8217;est une citation directe, &#8220;comme si une mouffette avait chi&#233; sur des chaussettes mouill&#233;es&#8221;:</p><p><em>Chaque &#234;tre humain a un instinct fondamental pour s&#8217;entraider. &#199;a ne semble pas toujours comme &#231;a, mais c&#8217;est vrai... gr&#226;ce &#224; &#231;a, j&#8217;avais des milliards de personnes de mon c&#244;t&#233;. Plut&#244;t cool, non?</em></p><p>Puis il mentionne que ses c&#244;tes font vraiment mal.</p><p>C&#8217;est Andy Weir en un paragraphe. La philosophie et la blague dans le m&#234;me souffle, aucune n&#8217;annulant l&#8217;autre.</p><div><hr></div><p><strong>Ce que Weir a vraiment construit</strong></p><p>Seul sur Mars est, structurellement, une machine &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes. Chaque chapitre pr&#233;sente une crise. Chaque crise a une solution. Chaque solution cr&#233;e un probl&#232;me nouveau et plus cr&#233;atif. Cette boucle tourne pendant 26 chapitres sans se briser.</p><p>Ce qui fait que &#231;a fonctionne, ce qui &#233;l&#232;ve le tout d&#8217;un puzzle d&#8217;ing&#233;nierie ing&#233;nieux &#224; quelque chose de genuinement &#233;mouvant, c&#8217;est une seule d&#233;cision: Weir a choisi le bon protagoniste pour le m&#233;canisme.</p><p>Mark Watney est botaniste. Pas un soldat, pas un g&#233;nie polymorphe, pas un h&#233;ros r&#233;ticent avec des r&#233;serves cach&#233;es de courage. Un botaniste qui est aussi ing&#233;nieur, qui fait face &#224; la terreur mortelle en faisant des blagues &#224; z&#233;ro auditeur, qui mesure sa survie en calculs caloriques et en comptes de sols, et qui aborde chaque nouvelle catastrophe de la m&#234;me fa&#231;on: travailler le probl&#232;me.</p><p>La philosophie &#8220;travailler le probl&#232;me&#8221; n&#8217;est pas juste un trait de caract&#232;re. C&#8217;est le moteur de tout le r&#233;cit. Weir vous dit essentiellement son architecture narrative au Chapitre 1, puis la fait tourner pendant 400 pages, et vous ne vous en lassez jamais parce que les probl&#232;mes deviennent de plus en plus cr&#233;atifs et les solutions de plus en plus absurdes et brillantes simultan&#233;ment.</p><p>La bombe &#224; hydrog&#232;ne en est l&#8217;exemple parfait. Watney a besoin d&#8217;eau. Pour faire de l&#8217;eau il a besoin d&#8217;hydrog&#232;ne. Pour obtenir de l&#8217;hydrog&#232;ne il traite du carburant de fus&#233;e &#224; base d&#8217;hydrazine. L&#8217;hydrog&#232;ne s&#8217;accumule dans l&#8217;atmosph&#232;re du Hab. Il transforme son habitat en bombe. Il se cache dans le rover pendant deux jours pendant qu&#8217;il cherche comment d&#233;samorcer une bombe qu&#8217;il a accidentellement construite en essayant de faire de l&#8217;eau pour cultiver des pommes de terre sur Mars.</p><p>Et ensuite il r&#232;gle le probl&#232;me.</p><p>Et ensuite autre chose se brise.</p><div><hr></div><p><strong>La science est l&#8217;histoire</strong></p><p>La plupart de la science-fiction utilise la science comme d&#233;cor: les vaisseaux spatiaux et les voyages interstellaires et les civilisations extraterrestres existent pour placer le drame humain dans un cadre int&#233;ressant. La science est du mobilier.</p><p>Dans Seul sur Mars, la science g&#233;n&#232;re l&#8217;intrigue. Chaque crise est un probl&#232;me de physique. Chaque solution est une solution chimique. Le drame vit &#224; l&#8217;int&#233;rieur des &#233;quations.</p><p>C&#8217;est un choix structurel radical, et il demande quelque chose d&#8217;inhabituel au lecteur: vous devez faire les calculs aux c&#244;t&#233;s de Watney. Quand il calcule qu&#8217;il a 31 jours de rations pour une attente de 1425 jours, vous ressentez l&#8217;arithm&#233;tique dans votre poitrine. Quand la toile du Hab se d&#233;chire et que sa ferme de pommes de terre est expos&#233;e au quasi-vide, la trag&#233;die est dans les chiffres: toutes ces calories, toute cette chimie du sol soigneusement g&#233;r&#233;e, tous ces sols de travail, perdus.</p><p>Weir a pass&#233; des ann&#233;es &#224; rechercher la m&#233;canique orbitale, la chimie, la g&#233;ographie martienne. Il conna&#238;t la date exacte de chaque sol dans le livre. Et parce que la science est r&#233;elle, la tension est r&#233;elle d&#8217;une fa&#231;on que le drame fabriqu&#233; ne peut pas reproduire. La fen&#234;tre de lancement au Sol 549 n&#8217;est pas dramatique parce que Weir a d&#233;cid&#233; qu&#8217;elle devrait l&#8217;&#234;tre. Elle est dramatique parce que c&#8217;est ce que la physique dit, l&#8217;Herm&#232;s sera l&#224; &#224; ce moment-l&#224;, et pas un sol plus tard.</p><div><hr></div><p><strong>La bureaucratie est aussi l&#8217;histoire</strong></p><p>Une des choses que Seul sur Mars fait et qui ne re&#231;oit pas assez de cr&#233;dit, c&#8217;est son portrait des institutions sous pression.</p><p>La NASA dans ce livre n&#8217;est pas un m&#233;chant. Ce n&#8217;est pas non plus un h&#233;ros. C&#8217;est une institution humaine complexe pleine de gens qui essaient de faire ce qu&#8217;il faut en naviguant des pressions concurrentes, des informations limit&#233;es, et le poids &#233;crasant des proc&#233;dures.</p><p>Teddy Sanders d&#233;cide de ne pas informer l&#8217;&#233;quipage de l&#8217;Herm&#232;s que Watney est vivant. D&#8217;un point de vue pur de gestion de crise, c&#8217;est d&#233;fendable: l&#8217;&#233;quipage ne peut rien faire depuis l&#224; o&#249; il est, et la d&#233;stabilisation &#233;motionnelle pourrait compromettre la mission. Mitch Henderson n&#8217;est pas d&#8217;accord. Venkat Kapoor n&#8217;est pas d&#8217;accord. Le lecteur n&#8217;est pas d&#8217;accord. Mais Teddy n&#8217;a pas tort. Il prend juste une d&#233;cision difficile avec des informations incompl&#232;tes, comme tout administrateur prend toute d&#233;cision difficile.</p><p>Ensuite la NASA saute les proc&#233;dures d&#8217;inspection standard pour envoyer la sonde de ravitaillement Iris &#224; Watney plus vite. Un boulon d&#233;fectueux passe inaper&#231;u. La sonde s&#8217;&#233;crase dans l&#8217;oc&#233;an.</p><p>L&#8217;urgence qui &#233;tait cens&#233;e sauver Watney a cr&#233;&#233; l&#8217;erreur qui ne l&#8217;a pas fait. Et Weir n&#8217;&#233;ditorialise pas. Il vous montre simplement ce qui s&#8217;est pass&#233; et vous laisse avec &#231;a.</p><p>C&#8217;est l&#8217;argument le plus profond du livre: que les syst&#232;mes humains sont &#224; la fois essentiels et faillibles, que les m&#234;mes structures bureaucratiques qui nous prot&#232;gent peuvent nous pi&#233;ger, et que la seule constante fiable c&#8217;est les individus qui choisissent, encore et encore, de se soucier les uns des autres.</p><div><hr></div><p><strong>Pourquoi ce livre maintenant</strong></p><p>Seul sur Mars a &#233;t&#233; autopubli&#233; sur le site web d&#8217;Andy Weir, chapitre par chapitre, gratuitement. Les lecteurs ont demand&#233; une version num&#233;rique. Il l&#8217;a mise en vente &#224; 99 centimes, le minimum qu&#8217;Amazon autorisait. C&#8217;est devenu le titre de science-fiction num&#233;ro un sur Amazon. Crown Publishing a pay&#233; plus de 100 000 dollars pour les droits d&#8217;impression. Ridley Scott a fait le film. Matt Damon a jou&#233; Watney. Le livre s&#8217;est vendu &#224; des millions d&#8217;exemplaires en Europe et dans le monde entier.</p><p>Rien de tout &#231;a n&#8217;&#233;tait planifi&#233;. Weir a construit un lectorat un chapitre &#224; la fois, de la m&#234;me fa&#231;on que Watney a surv&#233;cu... un sol &#224; la fois, travaillant le probl&#232;me, sans regarder trop loin devant.</p><p>Il y a quelque chose de presque trop net dans ce parall&#232;le. Mais c&#8217;est vrai.</p><p>Ce que le livre offre, ce qu&#8217;il a toujours offert et ce qui semble plus n&#233;cessaire aujourd&#8217;hui qu&#8217;en 2011 quand Weir l&#8217;a publi&#233; en ligne pour la premi&#232;re fois, c&#8217;est un type sp&#233;cifique et d&#233;mod&#233; d&#8217;optimisme. Pas le genre na&#239;f qui pr&#233;tend que les probl&#232;mes n&#8217;existent pas. Pas le genre performatif qui confond la positivit&#233; avec l&#8217;action. Le genre m&#233;rit&#233;. Celui qui dit: voici une situation impossible, voici tout ce qui peut mal tourner, voici les math&#233;matiques de &#224; quel point c&#8217;est vraiment mauvais, et voici ce qui se passe quand les gens d&#233;cident de le r&#233;soudre quand m&#234;me.</p><p>La derni&#232;re entr&#233;e de journal de Watney avant le lancement est le Sol 549. Il est assis dans un MAV avec un trou l&#224; o&#249; le pare-brise &#233;tait. Il est en combinaison parce qu&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;autre option. Il &#233;crit: <em>&#8220;Je mentirais si je disais que je n&#8217;ai pas la trouille.&#8221;</em></p><p>Puis il monte dans la fus&#233;e.</p><p>C&#8217;est le livre. C&#8217;est tout, vraiment. Vous savez exactement &#224; quel point vous avez peur. Vous faites la chose quand m&#234;me. Et les gens qui tiennent &#224; vous sont d&#233;j&#224; en route.</p><div><hr></div><p style="text-align: center;"><em>Le balado L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire d&#233;cortique Seul sur Mars chapitre par chapitre, une transmission &#224; la fois. Disponible partout o&#249; vous &#233;coutez vos podcasts.</em></p><p></p><div class="subscription-widget-wrap-editor" data-attrs="{&quot;url&quot;:&quot;https://blog.envershistoire.com/subscribe?&quot;,&quot;text&quot;:&quot;Subscribe&quot;,&quot;language&quot;:&quot;en-gb&quot;}" data-component-name="SubscribeWidgetToDOM"><div class="subscription-widget show-subscribe"><div class="preamble"><p class="cta-caption"><em>Merci de lire L&#8217;Envers de l&#8217;Histoire. Pour ne manquer aucune analyse, abonnez-vous gratuitement et restez &#224; l&#8217;&#233;coute du signal.</em></p></div><form class="subscription-widget-subscribe"><input type="email" class="email-input" name="email" placeholder="Type your email&#8230;" tabindex="-1"><input type="submit" class="button primary" value="Subscribe"><div class="fake-input-wrapper"><div class="fake-input"></div><div class="fake-button"></div></div></form></div></div><p></p>]]></content:encoded></item></channel></rss>